Friday, June 12, 2009

Auto-entrepreneuriat et vie érémitique


L’ermite est un contemplatif indépendant. Cette indépendance était assurée autrefois par de petites activités alimentaires. Les ermites de la Thébaïde exerçaient une activité manuelle, mais la complexification des lois et des cotisations professionnelles exorbitantes interdisaient aux successeurs des anachorètes égyptiens l’exercice d’un modeste travail légalement déclaré.

Qui pouvait imaginer que Sarkozy, le président le plus bling bling de l’histoire de la démocratie française, allait apporter une solution aux personnes qui ne veulent ni assistanat ni plan de carrière ? Ce président est honni par une meute de vociférateurs, souvent des socialistes. Si le socialisme occidental est généreux, il est épouvantablement borné. Il s’obstine à ignorer que tous les pauvres ne sont pas obligatoirement des victimes du capitalisme. Certaines personnes font le choix de la pauvreté volontaire pour vivre autre chose que le bonheur consumériste pour tous. La sacralisation du salariat et le dogme de l’amélioration des conditions de vie laissent indifférents un grand nombre de marginaux (artistes, voyageurs, contemplatifs…).

Depuis le début de l’année 2009, chacun peut créer son activité sans pour autant se lancer dans la course effrénée aux profits.

Les quatre clé de l’auto-entrepreneuriat (source : Le Nouvel Observateur) :

- Accessible à tous : salariés, chômeurs, étudiants, fonctionnaires, retraités, inactifs...


- Inscription simplifiée en ligne sur http://www.lautoentrepreneur.com/
ou à un centre de formalité des entreprises. Plus d'immatriculation au registre du commerce ou des métiers.

- Cotisations sociales allégées et payées mensuellement ou trimestriellement, uniquement après rentrée d argent, et en fonction du chiffre d'affaires réalisé (12% pour le commerce, 21,3% pour les services).


- Limitation du chiffre d'affaires à 80 000 euros pour le commerce, 32 000 euros pour les services.


www.apce.com/pid6185/l-auto-entrepreneur.htm

Friday, June 22, 2007

La seconde mort d'Ajahn Chah

Un autre regard sur la Thaïlande

Une vidéo et un site consacré à la sorcellerie du bouddha ont détruit mes illusions sur la Thaïlande. J’espérais quitter un jour l’Europe et son matérialisme pour m’installer dans un monastère thaïlandais. C’était avant de découvrir la pratique magique des Khuman thong. J’avais lu, il y a deux ans un petit article dans " Bouddhisme Actualités " au sujet d'un moine arrêté par la police thaïlandaise après avoir grillé un fœtus. J’étais persuadé que ce moine était un psychopathe, j'ignorais l'existence de la sorcellerie du bouddha.

Les représentations en bois des Khuman thong sont omniprésentes en Thaïlande (temples, commerces, particuliers…) Je ne voyais que des éléments folkloriques dans le fatras des autels : un mélange insolite de représentations de rois, d’animaux, de bouddhas, d’enfants (les fameux Khuman Thong). Je sais maintenant que des bouteilles d’huile sacrée peuvent contenir de la graisse de nouveaux nés grillés. Je vois autrement les Thaïlandais en découvrant leur intérêt pour la magie noire, cette magie qui ne recule pas devant le crime.
La passion des Thaïlandais pour les amulettes ressemblait aux passions de tous les collectionneurs. Beaucoup d’amulettes sont cotées et les Thaïlandais ne me semblaient pas très différents des philatélistes Français. Aujourd’hui, les motivations des acheteurs d’amulettes me semblent bien viles.

Les vénérables Ajahn Chah et Buddhadasa Bhikkhu sont morts, avec leur disparition tout un pan moral du Théravada s’est volatilisé.
La communauté bouddhiste francophone demeure silencieuse face à la dégénérescence religieuse, elle a choisi d'ignorer les pratiques magiques des moines et la commercialisation de la sorcellerie du bouddha. Des sorciers, des marouts cadavériques, portent la robe des disciples du Bouddha et fabriquent des gris-gris. Leurs acolytes, yogis tantriques occidentaux, se chargent de la vente sur eBay.

Quant aux autres moines, ils ne sont guère inspirés par l’enseignement du Bouddha comme le révéla un événement politico-religieux :

En 2002, les moines Thaïlandais exigèrent la création d’un ministère du bouddhisme.
Venus des soixante-seize provinces de Thaïlande, des milliers de moines manifestèrent devant le siège du parlement à Bangkok pour réclamer la restructuration du département religieux qui est de la compétence du ministère de l’éducation.
Le gouvernement refusa de nommer un ministère ayant la charge exclusive des questions bouddhistes au motif que cela serait perçu comme une discrimination à l'égard des autres religions, notamment la minorité musulmane thaïlandaise. Phra Sri Pariyattimoli, abbé du Wat Mahatat de Bangkok et responsable du mouvement, voua les hommes politiques rétifs à des châtiments occultes. En Thaïlande, les moines jouent un rôle social et politique important, ils n'hésitent pas à menacer les politiciens peu coopératifs de redoutables maléfices.

Récemment, un religieux Thaïlandais a troqué ses figurines d’envoûtement contre une Kalachnikov pour se faire entendre d’un ministre probablement récalcitrant à la sorcellerie du bouddha.




Kalachnikov dharma en Thaïlande



Sunday, May 27, 2007

AJAHN CHAH

« Notre vraie demeure » et « Pourquoi sommes-nous ici ? » d’Ajahn Chah

La traductrice, Mariette Lattion, écrit :
« Ce qui m'a frappée dans ces deux exposés d'Ajahn Chah, c'est le sens de l'urgence. Urgence de réaliser qu'il n'y a rien dans le monde sur quoi l'on puisse durablement s'appuyer. Que ce soit notre corps qui est perpétuellement soumis au changement de la naissance jusqu'à la mort, que ce soient les êtres auxquels on tient, nos connaissances, nos possessions, notre situation sociale, nos idéaux. Tout cela est soumis à la loi du changement et en fin de compte on ne peut que l'accepter sinon on crée de l'insatisfaction et de la souffrance pour nous-mêmes.
Pourtant à cela il y a une solution: trouver refuge dans la stabilité et la paix de notre coeur, là où demeure en nous le Bouddha, Celui qui sait, cette magnifique possibilité pour chacun de nous de réaliser à chaque instant la Vérité de manière pratique dans la vie de tous les jours. C'est cela que nous rappelle ici Ajahn Chah. N'attendez pas d'être vieux pour réaliser cela. Libre à nous de nous mettre en chemin. »

LIRE LES TEXTES


Wednesday, March 14, 2007

Les SDF du DHARMA


Les ermites nomades de Thaïlande.
Les moines bouddhistes " dhutanga ", appelés " tudong " en Thaïlande, se consacrent à la vie errante comme à l’époque de Bouddha. Ils voyagent à pied à la recherche d’endroits propices à la méditation. Ils résident en plein air (abbhokasikanga), de préférence dans les forêts (arannikanga) et au pied d’un arbre (rukkamulikanga). Leur code de vie ne présente pas de caractère obligatoire. L’objectif est la simplification des besoins, il ne s’agit pas de pratiquer des mortifications.
De nos jours, il n’est pas rare de rencontrer des moines dhutanga en Thaïlande, le mot thaï " tudong " qui les désigne signifie " errer ", " partir " en pérégrination. Les tudong sont les derniers représentants de l’antique sagesse des philosophes errants de la trempe du Bouddha Siddhârta Gautama. Ils ne se soucient pas de fonder des institutions bouddhiques prospères et des centres de loisirs méditatifs où tout est tarifé.
Le moine Thaïlandais Ajahn Chah était un authentique tudong. Sa vie exemplaire et sa réalisation spirituelle ont suscité de nombreuses vocations de moines dans la Tradition de la Forêt des Anciens, des Théra. Les disciples occidentaux de Ajahn Chah ont créé plusieurs monastères en Europe. En 2000, j’ai eu la possibilité de séjourné quelques jours au monastère Dhammapala de Kandersteg en Suisse. Il n’y a pas de gourou et d’enseignement payant, tous les religieux respectent le conseil du Bouddha :
" Ne vous contentez ni des rumeurs, ni de la tradition, ni de coutumes immémoriales, ni de l’autorité de textes sacrés, ni d’une supposition, ni d’une déduction logique, ni d’une preuve sûre, ni d’une inclination naturelle pour telle ou telle idée après y avoir réfléchi, ni des compétences d’autrui, ni de la pensée " le moine est notre maître ". Quand vous savez en vous-mêmes que " ces choses sont saines, irréprochables, conseillées par celui qui est sage, et qu’une fois adoptées et mises en pratique, elles procurent bien-être et bonheur ", alors vous devriez les pratiquer et vous y tenir… "(Kalama sutta)
Malheureusement, les moines, qui perpétuent en Occident la vieille misogynie bouddhique, sont attachés à des préjugés anachroniques démontrant ainsi que l’éveil libérateur tarde à se manifester malgré leurs méditations et les sages conseils du Kalama sutta.
Le père fondateur de leur ordre n’avait pas hésité à rejeter le système des castes, la croyance en l’Atma, le ritualisme des brahmanes… Pouvait-il aussi promulguer l’égalité des sexes dans une Inde qui abrogea récemment le sacrifice par le feu (satî) des veuves, par exemple ? De nos jours, les femmes réussissent dans tous les domaines de la société, la misogynie du clergé bouddhique est une offense à l’intelligence, c’est un reliquat de la barbarie patriarcale.
F.Félix

Tuesday, August 22, 2006

L'ermitage des hauts cantons languedociens

Michel Jourdan, l'auteur du livre "La vie d'ermite", préfère la pénombre des forêts.
En 1998, il s'était donné beaucoup de mal pour m'aider à trouver ce mazet isolé avec eau et heureusement sans électricité. L'ensoleillement exceptionnel du site permettait d'envisager l'auto-suffisance énergétique grâce aux panneaux solaires.
"Il existe une fraternité, une confrérie oecuménique d'ermites, sans qu'ils le veuillent d'ailleurs. La preuve en est des affinités entre les poèmes de l'ermite chinois Han-Shan (7ème siècle) et les poèmes de l'ermite irlandais Suibne du 7ème siècle lui aussi, décrivant la même vie que Han-Shan, la vie érémitique et sa sauvagerie, commune aux deux ermites, et la même en Chine ou en Irlande !"
(Michel Jourdan "La vie d'ermite" Albin Michel.)

Monday, August 21, 2006

Le néo érémitisme sans dogme ni gourou

Réduire ses besoin permet de vivre librement.
Au début des années 1970, Ivan ILLICH, dénonçait la servitude née du mode industriel de production, le gigantisme des outils, le culte de la croissance indéfinie.
Les sectes et les gourous ne conseillent pas à leur clientèle l'érémitisme sauvage pratiqué depuis toujours par les contemplatifs et les philosophes. De 1845 à 1847, Henri Thoreau s'était établi dans une cabane près de Walden.

Friday, August 18, 2006

L'ermitage hivernal

Les moines irlandais étaient célèbres pour leur ascèse : jeûnes, veilles, immersions dans l’eau glacée.
Au Japon, le TAKIGYO est une ascèse peu pratiquée par les frileux. Des bouddhistes et des adeptes du Shinto montent des sentiers enneigés jusqu’aux cascades et se placent sous l’eau glacée.
L’embrasement dévotionnel des mystiques serait aussi efficace que le fameux TOUMO de MILAREPA, le yoga du feu. Les extases de la carmélite Marie-Madeleine de PAZZI s’accompagnaient de phénomènes inexpliqués comme " l’incendie d’amour ", dont le rayonnement était ressenti par son entourage. Au 17ème siècle, Maria VILLANI était une âme enflammée, selon son biographe Francis MARCHESE, elle devait boire plus de quinze litres d’eau glacée pour apaiser le feu divin qui la consumait. Dans la Bible, le prophète Jérémie parle d’un feu dévorant allumé dans ses os. Angèle de FOLIGNO avait chaud au point d’ignorer la pudibonderie chrétienne. Elle écrit dans le " Livre des visions " : " Il me fut donné un tel feu que, debout près de la croix, je me dépouillais de tous mes vêtements. "
D’autres mystiques chrétiens n’avaient pas besoin de tricoter pour éviter la morsure du froid : Philippe de NERI, Catherine de GENES, Stanislas KOSTKA, Stéfana QUINZANI, Véronique GIULIANI, Sérafina di DIO, Paul de la CROIX, Gemma GALGANI…