Saturday, February 05, 2011

Appel à un contre-pouvoir européen



Nous, élus européens en charge de réglementer les marchés financiers et les banques, constatons tous les jours la pression exercée par l'industrie financière et bancaire pour influencer les lois qui la régissent. 
Il n'est pas anormal que ces entreprises fassent entendre leur point de vue et discutent régulièrement avec les législateurs. Mais l'asymétrie entre la puissance de ce lobbying et l'absence de contre-expertise nous semble un danger pour la démocratie. Le lobbying des uns doit en effet être contrebalancé par celui des autres. En matière environnementale et de santé publique, en face des industriels, les organisations non gouvernementales (ONG) ont développé une véritable contre-expertise. Il en est de même en matière sociale entre les organisations patronales et syndicales. Cette confrontation permet aux élus d'entendre des arguments contradictoires. En matière financière, ce n'est pas le cas. Ni les syndicats de salariés, ni les ONG n'ont développé d'expertise capable de rivaliser avec celle des banques. 


Il n'existe donc pas aujourd'hui de contre-pouvoir suffisant dans la société civile. 
Cette asymétrie constitue à nos yeux un danger pour la qualité des lois, et pour la démocratie.


        Car cette asymétrie s'inscrit dans un contexte de forte proximité des élites politiques et financières. Aux Etats-Unis les liens entre Goldman Sachs et l'administration fédérale sont connus. Mais en Europe cette proximité n'est pas moindre. Elle contribue à renforcer la prise en compte des arguments de l'industrie financière de manière unilatérale et constitue un frein certain à la capacité du personnel politique à prendre des décisions en toute indépendance. Or, l'absence de réponse politique adéquate à la crise du système financier peut nourrir toute forme de populisme, basé davantage sur l'émotion que sur la raison.


         En tant qu'élus européens en charge de la réglementation financière et bancaire nous appelons donc la société civile (ONGs, syndicats, universitaires, think-tanks...) à s'organiser pour créer une (ou plusieurs) organisation non gouvernementale capable(s) de développer une contre expertise sur les activités menées sur les marchés financiers par les principaux opérateurs (banques, compagnies d'assurances, hedge funds, etc…) et de faire connaître de manière efficace cette analyse aux médias.  
En tant qu'élus issus de plusieurs familles politiques nous pouvons diverger sur les mesures à prendre. 
Mais nous convergeons pour alerter l'opinion sur ce risque pour la qualité de la démocratie. 


          Nous invitons l'ensemble des parlementaires européens et nationaux à rejoindre notre appel.


Finance Watch
http://www.callforfinancewatch.org/financewatchFRappel.html


Vers un contre-pouvoir aux banques ?
Entretien avec Pascal Canfin http://ceras-projet.org/index.php?id=4685

Wednesday, December 01, 2010

En Grande-Bretagne, des milliers d'enfants volés par le gouvernement


Les services sociaux britanniques enlèvent des milliers d'enfants par an à leurs familles. Sans raisons apparentes, ces enfants sont remis à l'adoption. Des assistants sociaux qui n'ont "pas besoin d'avoir une raison, ils ont seulement besoin d'une excuse".

Le 24 février 2010 à la Chambre des Communes, le Premier ministre Gordon Brown et les deux leaders de l'opposition présentent des excuses aux milliers d'enfants britanniques arrachés aux familles pauvres pendant des décennies. Des enfants alors déportés en Australie et dans d'autres pays du Commonwealth.

Ces familles méritent des "excuses illimitées", disent les hommes politiques. Et pourtant, plusieurs mois plus tard, rien n'a vraiment changé. Les services sociaux poursuivent leur mission, quasiment en toute impunité. Au début de la décennie, le gouvernement de Tony Blair avait même accordé des "primes au rendement" aux assistants sociaux, pour stimuler le marché de l'adoption. Depuis 1967, les enfants ne sont plus envoyés en Australie, mais ils sont toujours "volés" et placés sur le marché de l'adoption, presque sans aucun droit de recours. Des pratiques proches du kidnapping.

Les services sociaux, les "SS"

Les familles n'hésitent pas à appeler les services sociaux par leurs initiales, les "SS". Des "SS" qui enlèvent les nourrissons à l'hôpital. Ou dans le foyer familial, avec l'aide de la police. Pour quelles raisons ? Elles semblent en général peu claires. Le choix est motivé par les assistants sociaux. Mais les parents n'ont pas accès à ces dossiers. Ils ignorent tout ou presque des charges qui sont retenues contre eux. Les voilà définis comme étant "inaptes à éduquer leurs propres enfants".

Parfois, ces services sociaux profitent de problèmes familiaux d'une famille. Une dépression, une rupture, et les enfants sont retirés à leurs parents. Une loi oblige même les parents à se taire lorsqu'on enlève leurs enfants. Et en particulier vis-à-vis des journalistes. Pour les journalistes, justement, s'ils sont Britanniques, le fait de nommer les familles est un toboggan vers la prison car "c'est dans l'intérêt de l'enfant de ne pas être nommé".

Les parents narcissiques, colériques, violents ou gros ne peuvent garder leurs enfants

Certaines catégories de parents ont été définies comme "à risque". Ils n'ont pas le droit de garder leurs enfants, selon les services sociaux. C'est notamment le cas des parents narcissiques, colériques ou catégorisés comme violents. Voire ceux qui souffrent d'obésité. Et puis, il faut évoquer cette affaire de fécondation in vitro qui a donné un résultat étonnant : une personne d'origine indienne a donné naissance à une petite fille blonde. Les "SS" n'ont pas apprécié. La petite fille a été enlevée à ses parents. De même que les deux enfants qui restaient à la maison.

Les services sociaux n'hésitent pas non plus à catégoriser publiquement tel père ou telle mère comme abuseur sexuel. Des fausses accusations qui détruisent ainsi plusieurs vies.

Pas autiste, mais "victime des négligences de sa mère"

Malgré des dossiers médicaux complets, une mère d'un enfant autiste s'est vue retirer la garde de son enfant. Selon les services sociaux, l'adolescent n'est pas autiste, mais est "victime des négligences de sa mère". La maman est mise sur la liste des abuseurs, perd son emploi et n'est même pas acceptée en tant que femme de ménage dans un supermarché. La prostitution devient pour elle le seul moyen de ne pas aller habiter dans la rue.

Aujourd'hui, quelques voix s'élèvent pour dénoncer ces pratiques d'enlèvement où des bébés sont littéralement arrachés aux bras de leur mère, où des enfants plus âgés sont enlevés au domicile de leurs grands-parents.

Ian Josephs, un ancien conseiller municipal expatrié dans le sud de la France, organise la "résistance" contre ces services sociaux via un site Internet http://www.forced-adoption.com/introduction.asp . Il a constitué un véritable manuel de combat pour les familles. Il explique aux familles la marche à suivre. Ou fournit directement les billets pour l'Irlande, comme cette femme enceinte elle-même adoptée. Jugée "pas assez intelligente" pour se marier par les autorités, elle a filé en Irlande pour se marier et mettre au monde son enfant.

Il est presque impossible de revoir ses propres enfants

Parce qu'une fois les enfants retirés à leurs parents, parfois à leur insu, c'est la croix et la bannière pour pouvoir espérer les revoir. Certains parents ne peuvent retrouver leurs enfants qu'à de rares moments. Des moments sous haute surveillance. Les pleurs des enfants qui retrouvent leur mère sont vus par les "SS" comme des pleurs de douleurs. Des rapports tronquant la réalité sont ainsi produits et renforcent le sentiment d'injustice qui habite des milliers de familles.

Ou alors, les enfants placés isolés. Certains ne reçoivent jamais les nombreuses lettres envoyées par leurs parents.

Certains enfants n'attendent que leurs 16 ans pour partir à la recherche des parents auxquels on les a arrachés. Certains parents osent timidement utiliser les réseaux sociaux pour espérer retrouver leurs enfants volés.
Depuis plusieurs mois, Florence Bellone, la correspondante de la RTBF à Londres, mène l'enquête : les témoignages qu'elle a recueillis sont à la fois choquants et bouleversants.

Elle rompt ainsi la barrière du silence, en faisant témoigner des familles qui n'ont pas officiellement le droit de s'exprimer devant la presse.

Ce récit, par moments, surréaliste se passe ici, en Europe, à une heure et quart de Bruxelles.
A. de Callataÿ

Source :
A la fin de l’article, vous pouvez écouter un reportage sur ce sujet.

Friday, October 22, 2010

La fin du monde n'est plus pour 2012


Le monde était censé disparaître le 21 décembre 2012. C'était en tout cas l'interprétation douteuse de pseudo experts liant la fin du calendrier maya à une hypothétique apocalypse. Selon les prophètes de la fin du monde, le calendrier maya terminant son treizième et dernier cycle de 5.125,36 années en décembre 2012, la Terre pourrait connaître une inversion des pôles avec pour conséquence une succession ininterrompue de catastrophes naturelles, de raz-de-marée, d'ouragans, d'éruptions, de précipitations diluviennes... Roland Emmerich en avait fait un film grand public, 2012, contribuant à populariser cette thèse. Mais pas de chance pour les apprentis prophètes, le calendrier maya ne finirait pas en décembre 2012 mais dans 50 ou 100 ans, selon des recherches récentes. D'après l'ouvrage Calendars and Years II : Astronomy and Time in the Ancient and Medieval World de Gerardo Aldana de l'Université de Californie, la conversion entre le calendrier maya et notre calendrier grégorien a été mal faite. C'est ce qu'explique le site Maxisciences :

La première conversion du calendrier maya pour déterminer des dates en correspondance avec notre actuel calendrier géorgien est appelée la constante de GMT (les initiales des noms des trois premiers chercheurs ayant étudié la culture maya) [...] ce travail a été essentiellement basé sur des documents des colonisateurs écrits en langue maya et traduits ensuite en langue latine. Par la suite, les travaux de Floyd Lounsbury, un linguiste et anthropologue américain, ont corroboré la thèse de la constante de GMT. Ce scientifique s’est basé sur les mouvements de la planète Vénus, comme les Mayas le faisaient eux-mêmes.

Gerardo Aldana conteste les travaux du linguiste qui selon lui s'effondrent «comme un château de cartes». Problème: le chercheur ne propose pas de nouvelle conversion du calendrier maya, se bornant à relever que la table de conversion traditionnelle est erronée, comme l'explique le site Livescience.com. Les prophètes de l'apocalypse ne pourront donc pas fixer de date précise dans les 50 ou 100 ans à venir.

Source :

Thursday, October 21, 2010

Lady Di : « assassinée parce que convertie à l’islam » ?


S’il y a une conversion hypothétique à l’islam, dont la révélation au grand jour aurait fait trembler la Couronne d’Angleterre, c’est indéniablement celle de l’adulée princesse de Galles, disparue tragiquement en 1997 à Paris, emportant avec elle un secret, réel ou imaginaire, qui entretient désormais le mythe.

Un épais mystère continue de planer tant sur les circonstances de la mort de l’icône planétaire de la monarchie anglaise, que sur la nouvelle vie qu’elle construisait aux côtés de celui qui l’a accompagnée jusque dans la mort, son compagnon de l’époque, Dodi al-Fayed, héritier de l’illustre magnat des affaires, l’égyptien Mohamed al-Fayed.

La thèse de l’assassinat commandité, que défend avec la force du désespoir un père inconsolable, refait régulièrement surface, et vient d’être reprise à son compte par la tante de Dodi al-Fayed au cours d’une déclaration fracassante à une chaîne égyptienne. "La princesse Diana a annoncé sa conversion à l’Islam, c’est là la principale cause de son assassinat", a-t-elle clamé haut et fort, assurant que Diana et son neveu devaient convoler en justes noces, avant de s’établir en Egypte où Dody al-Fayed planifiait de transférer toutes ses affaires, dans la villa familiale d’Alexandrie.

Intarissable, Safia al-Fayed a également précisé que son frère, qui avait fait sensation en achetant les célèbres magasins Harrods, avait choisi de les revendre aux Qataris et non aux Anglais, afin qu’ils restent à vie propriété des Arabes, tout en ajoutant que ce dernier s’était vu opposer le veto du ministre de la Santé lorsqu’il a souhaité faire don de 12 millions de livres au profit de l’hôpital de la reine Nazli en Alexandrie.

Le décès brutal de la lumineuse Lady Di est-il auréolé du halo en noir-obscur de l’intrigante affaire d’Etat ? La théorie du complot, futile chimère ou pas, reste à l’appréciation de chacun, mais ne manque pas à tout le moins de sel...



Tuesday, October 12, 2010

Prix Nobel de la Paix : Une imposture, un scandale



De qui se moque-t-on ?

Définition du prix Nobel :
Le prix Nobel (Nobelpriset en suédois) est une récompense de portée internationale. Remis pour la première fois en 1901, les prix sont décernés chaque année à des personnes « ayant apporté le plus grand bénéfice à l'humanité », par leurs inventions, découvertes et améliorations dans différents domaines de la connaissance, par l'œuvre littéraire la plus impressionnante, ou par leur travail en faveur de la paix, suivant ainsi les derniers vœux d'Alfred Nobel, inventeur de la dynamite.

Au XXIe siècle, les prix sont décernés au courant du mois d'octobre de chaque année. La cérémonie de remise des prix a lieu le 10 décembre, jour anniversaire de la mort d'Alfred Nobel. (Wikipedia)
Quant au prix Nobel de la Paix, il récompense une personne ayant fait avancer la cause de la paix dans le monde.

Quelques prix Nobel célèbres:

- Kissinger, un voyou (c'est un euphémisme) qui orchestre guerres, complots, coups d'état, tortures, comme en Amérique Latine (Chili, etc.).

- Shimon Peres, "travailliste" (de gauche) qui participe à un gouvernement d'extrémistes de droite et va-t-en-guerre, et qui, d'une voix patheline, fait comprendre qu'il faut être prêt à attaquer l'Iran.

- Elie Wiesel, tout aussi pathelin, qui ne veut pas qu'on "dévalue" la Shoah (des Juifs) en y incluant les autres victimes même encore plus victimes, proportionnellement, comme les Tsiganes. Ce prix Nobel-là fait ouvertement l'apologie de la guerre (contre l'Iran).

- Obama, qui enlève une partie des bataillons d'Irak mais... pour les mettre en Afghanistan, et qui mène plusieurs guerres à la fois, jamais rassasié: Pakistan, Somalie, etc. tout en déstabilisant des Etats latino-américains, entre autres. Ce lascar-là nous mènera à la guerre totale contre l'Iran, nucléaire et mondialisée. Avec ce Prix Nobel de la Paix, d'ailleurs, les bases militaires se multiplient aux quatre coins de la planète

- Liu Xiaobo, un dissident chinois, récompensé parce qu'il s'oppose à son pays non-aligné sur l'Occident. Chirin Ebadi, en Iran cette fois, avait elle aussi été honorée pour sa dissidence.

Qui dira après ça que les Nobel sont au service de la paix ? Ils sont au service d'un Occident impérialiste, oui !

Seuls seront bernés les imbéciles...

Un colon israélien en train d’écraser des enfants à Jérusalem-Est (VIDEO)

Cela se passe à Jérusalem Est, dans le quartier de Silwan d’où le gouvernement essaie de chasser un maximum de familles palestiniennes pour mettre des colons à leur place. Photos et vidéos montrant un colon israélien en voiture en train de se faire un "carton", et de heurter des enfants palestiniens à la sortie de la prière du vendredi, qui ont été transportés à l’hôpital mais dont les jours ne sont pas en danger.

Le chef d’une organisation de colons juifs a renversé avec sa voiture deux garçons palestiniens qui lançaient des pierres sur son véhicule dans le quartier arabe de Silwan à Jérusalem-Est occupée.

Selon le quotidien israélien Haaretz, David Be’eri était ce vendredi dans sa voiture avec son fils lorsque les enfants palestiniens ont jeté des pierres dans leur direction. Il a renversé les enfants tout en essayant de s’échapper. Les deux jeunes garçon Imran Mansur, 11 ans, souffre d’une fracture à la jambe, et Iyad Gheit, 10 ans, a également été transporté à l’hôpital pour se faire enlever des éclats de verre dans le bras.

L’incident s’est produit après la prière du vendredi, dans un quartier où les tensions sont exacerbées par les constantes agressions des colons juifs extrémistes. Be’eri est un militant bien connu de l’extrême-droite [israélienne] et le chef d’Elad, une organisation de colons juifs qui construit la dite Cité de David à Jérusalem-Est.

Il a été conduit pour interrogatoire par la police puis libéré sous caution. Les officiers de police israéliens prétendent que l’enquête se poursuivra



Thursday, October 07, 2010

Comment manipuler la population, en 10 leçons



1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.
« Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux. »
Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles ».

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ».
On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui- même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas âge

La plupart des publicités destinées au grand public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ?

« Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ».
Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles ».

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures.
Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles ».


8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être stupide, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son
intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système
économique, l’individu s’auto dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets
est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, sans compter les enquêtes de surveillance d'écoute et de renseignement…, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui- même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Thursday, September 30, 2010

L’islamophobie. Un symptôme


par Mustapha Cherif

Le président Barak Obama répète que les USA ne seront jamais en guerre contre l’islam. Cependant des politiques occidentales discriminent les citoyens de confession musulmane et agressent des peuples musulmans de par le monde. La perception délirante de l’islam dans l’esprit des ignorants a atteint le degré de gravité. Par delà le caractère démentiel c’est le symptôme d’un problème de fond.

Ce n’est pas une question de liberté d’expression, ni celui du droit légitime de critiquer une religion et ses adeptes, mais une incitation mortifère à la haine et à la violence. Le système libéral mondial a atteint ses limites, incapable d’accueillir la diversité, de produire des normes, du droit et du sens. Il manifeste son impuissance à se pencher sur les causes des problèmes, à réguler ses contradictions et sortir de la politique des deux poids et deux mesures. Soumis à l’idéologie du Marché, du laïcisme et de la permissivité, il sacrifie tout symbole éthique. Ce qui produit de tous les côtés des fanatiques.

Quelles sont les causes ?

Pourquoi des occidentaux haïssent-ils l’islam et ont peur des musulmans ? Il n’y a pas de hasard, d’une part, au fanatisme antimusulman, d’autre part, aux réactions extrémistes. Ces nouveaux délires ou simplement l’inquiétude angoissée sont un psychodrame. Une pluralité de causes nourrit l’injustifiable islamophobie, d’autant que la responsabilité est partagée.

La première réside dans le fait que le système dominant a besoin d’un épouvantail pour faire diversion en vue de tenter de réaliser la totalité de son hégémonie. Après la chute du Mur de Berlin en 1989, la politique belliciste, le terrorisme des puissants qui manipulent, se sont réinventés un ennemi, pour faire écran aux injustices. Cela a terni l’image des musulmans et tromper les opinions.

L’amalgame entre islam et extrémisme, politique aventuriste, fonctionne sur le matraquage de médias et d’industries culturelles qui diabolisent les musulmans, les réduisent au prisme de la violence. Ce n’est pas une ruse difficile à mettre en pratique, car l’islamophobie et l’ethnocentrisme sont anciens. Depuis 14 siècles l’islam est méconnu et déformé. Les xénophobes puisent dans l’imaginaire qui occulte le fait qu’entre l’Occident et l’islam l’échange était plus décisif que les divergences.

La deuxième cause est liée à l’exploitation du traumatisme du 11 septembre 2001. La propagande islamophobe, mise en place il y a plus de vingt ans par les néoconservateurs, est propulsée, dopée par ces attentats qui donnent du crédit à la propagande du « choc des civilisations ». La stigmatisation des musulmans bat son plein. Ce n’est plus le radicalisme qui est dénoncé, ce sont les références fondatrices, le Coran et le Prophète, qui sont caricaturés.

L’extrême droite prolifère et le laïcisme sectaire et dogmatique considère que la religion est une idéologie d’asservissement. Des personnalités publiques, avec virulence et cynisme, diabolisent les musulmans. Dans le cinéma américain les scénaristes ont fait du "méchant" le musulman. Des occidentaux confondent entre islam et phénomènes rétrogrades.

Des journaux publient des opinions dignes des années trente : « je hais l’islam », « la talibanisation des sociétés musulmanes se généralise », « la logique de violence de l’islam » et « le choc des civilisations est en train de triompher… à cause des musulmans ». Des intellectuels tiennent des propos fondés sur la manipulation politique des peurs, jadis propagande de fascistes. Des intellectuels d’origine musulmane, ou pseudos convertis comme ce Bidar, dénigrent de manière schizophrénique leurs racines. L’islamophobie se banalise.

Le musulman, comme le juif hier, est présenté comme une menace pour les sociétés occidentales. La peur entretenue fait croire qu’il cherche à imposer à la société occidentale un autre mode de vie qui entraînerait une déstabilisation. Tout cela signe la victoire de l’ignorance, de la désinformation et de la provocation.

La troisième cause de l’islamophobie est liée au fait que l’Occident, malgré sa puissance et des acquis prodigieux, est confronté aux impasses de la déshumanisation, de la désignification et de la marchandisation de l’existence. Les musulmans sont pris comme boucs émissaires. D’autant que l’islam reste le témoin de la spiritualité, l’autre version de l’humain perçue comme concurrente, qui résiste à la déshumanisation. Paradoxalement, malgré ses difficultés, l’Occident vise l’occidentalisation du monde, qui est un pari impossible, car cela demande d’abandonner des valeurs qui ont fait leur preuve, pour une appartenance ambivalente, problématique et compromise.

La quatrième cause de l’islamophobie a trait aux réactions aveugles de ceux qui usurpent le nom de l’islam, le terrorisme des faibles qui nourrit la bête immonde antimusulmane. L’apparition de courants fondamentalistes en Rive Sud, phénomène favorisé par des facteurs internes et un soutien de l’extérieur, alimente grandement l’islamophobie. Le monde musulman, par delà son hétérogénéité, empêtré dans le repli, les luttes intestines et une décadence, a des difficultés à réaliser la ligne médiane, authenticité et progrès. Il émet l’image de l’opposant archaïque à la modernité et cherche rarement à remédier intelligemment à l’islamophobie. Sous prétexte que la question est politique ou mafieuse et non religieuse, il sous-estime les effets sur la mémoire collective occidentale de la peur du terrorisme des faibles et le poids des attentats du 11 septembre, et d’autres, comme à Madrid et Londres.

Cependant des initiatives historiques, pour relancer le dialogue des religions et des cultures, eurent lieu comme ma rencontre avec le pape, puis la lettre, dirigée par la fondation d’Amman Ahl Al-Bayt en Jordanie, des 138 savants musulmans, aujourd’hui plus de 500, où on appelle les dignitaires des autres religions à une « Parole commune » pour le bien de l’humanité. La Turquie et l’Iran avec Khatami proposent des forums sur ce thème. Le Roi d’Arabie gardien des lieux saints organise en 2008 un congrès mondial à Madrid et à l’ONU sur la question. Le sujet est devenu un enjeu des relations internationales.

Les occidentaux sous-estiment l’impact des discriminations à l’égard de leurs citoyens musulmans, l’impact du terrorisme des puissants que subissent des peuples en Irak, en Afghanistan et ailleurs, l’impact de l’impunité d’Israël en Palestine. De plus, le nombre de pertes de vies musulmanes, victimes à la fois du terrorisme des faibles et des puissants, est 1000 fois supérieur au nombre de victimes occidentales.

La cinquième cause est liée aux errements du libéralisme sauvage, à la crise économique et aux politiques isolationnistes. Dans ce contexte, il est plus facile de susciter le rejet d’autrui que la solidarité et le respect mutuel. Les responsables des échecs et des faillites, détournent le problème vers autrui différent, occultant ses apports et les convergences. De plus, l’existence de sources d’énergies dans les terres arabes est appréhendée comme une menace à contrôler.

Des penseurs occidentaux, de Berque à Derrida, d’Esposito, à Sacks, de Ward à Wright, Legendre, Badiou, Agamben, Nancy, reconnaissent que l’extrémisme est l’anti-islam et montrent que l’islamophobie est le prolongement de l’antisémitisme. Il est clair que, d’un coté l’islam est pris comme cible de par sa vitalité qui dérange des non-musulmans, d’un autre côté il est trahi en son sein par des extrémistes.

Des pyromanes dénoncent des actes xénophobes, alors qu’ils ont contribué hier à nourrir la bête en pratiquant l’amalgame. Est une hypocrisie que l’empressement avec lequel des responsables condamnent des actes islamophobes et antisémites, alors qu’ils procèdent d’un climat de défiance auquel ils ont contribué. Des régimes islamiques et des fondamentalistes crient à l’offense alors que, de leur coté, ils ont peu fait pour présenter le vrai visage de l’islam, ni défendu la dignité des musulmans. Au contraire, par leurs réactions irrationnelles, ils ont déformé son image.

La communauté internationale doit d’arrêter le délire généralisé de la propagande du « choc des civilisations » chez les extrémistes de tous bords. En Rive Nord la montée de politiques xénophobes, en Rive Sud l’instrumentalisation de la religion, mènent le monde vers l’abîme.

Il faut s’attaquer aux causes

Retrouver le lien entre politique et éthique et reconnaître partout le droit à la différence, sont la base du vivre ensemble. La banalisation de la haine d’autrui risque de se généraliser si la pulsion de vie et le besoin de partage, qui amènent les hommes à s’unir, abdiquent. Raison de plus pour ne pas s’abandonner à la lassitude, mais énoncer des formes de vie fondées sur la justice et la compréhension mutuelle et non point la peur chez les uns et la colère chez les autres.

Dans ce contexte de psychodrame, le ressentiment contre les musulmans de l’intérieur de l’Occident s’amplifie. Pourtant, l’immense majorité des citoyens occidentaux de confession musulmane vit sa foi en tant que pure religion, de culture européenne, épouse son temps, s’élève dans la hiérarchie sociale, fait preuve d’inventivité, de créativité, paisible, loyale, produit du lien social et se considère comme partie intégrante de la communauté nationale où elle vit. Elle tient, de plus en plus, un discours responsable et moderne sur ce que c’est être musulman aujourd’hui.

De par le monde, les musulmans refusent d’imaginer que le monde se dirige vers, d’un côté, un monde libéralo-fasciste, de l’autre, obscurantiste et totalitaire, où rien ne s’échange, rien d’humain ne circule, rien de sage ne se dit, sauf ce qui favorise des relations conflictuelles. Tous les occidentaux ne confondent pas islam et fanatisme. Tous les musulmans ne confondent pas agresseur et occidental.

Les puissances dans leur intérêt et pour être à la hauteur de leur responsabilité en tant qu’avant gardes du monde actuel, doivent réviser leur politique de la loi du plus fort, de l’hégémonie et de l’épouvantail en la figure déformée du musulman.

Condition première pour vaincre l’extrémisme de tous bords et l’insécurité : il faut s’attaquer aux causes, c’est à dire l’injustice, l’ignorance et la paupérisation, pas seulement aux effets. Par la démocratisation des relations internationales, le dialogue des cultures et des religions, l’élargissement de notre sentiment d’appartenance à l’humanité toute entière l’emportera. Si on travaille à régler les problèmes dut à l’injustice, comme en Palestine, si l’Occident se libère de sa vision étriquée de l’islam, si l’Ecole, au Nord comme au Sud, éduque à la reconnaissance de l’altérité, si les pays musulmans se réforment politiquement, sortent du syndrome de victimisation et s’ouvrent de manière vigilante au monde, on réduira le gap qui existe entre les deux mondes imbriqués et on tarira grandement les sources de tous les délires fanatiques.

Un pacte de paix et de justice entre l’Occident et le monde musulman ? Cela implique une révision sur le fond des politiques actuelles et non des mesures lénifiantes pour la forme. A cette condition, Il restera un avenir. Il n’y a pas d’alternative au vivre ensemble.