Friday, June 12, 2009

Auto-entrepreneuriat et vie érémitique


L’ermite est un contemplatif indépendant. Cette indépendance était assurée autrefois par de petites activités alimentaires. Les ermites de la Thébaïde exerçaient une activité manuelle, mais la complexification des lois et des cotisations professionnelles exorbitantes interdisaient aux successeurs des anachorètes égyptiens l’exercice d’un modeste travail légalement déclaré.

Qui pouvait imaginer que Sarkozy, le président le plus bling bling de l’histoire de la démocratie française, allait apporter une solution aux personnes qui ne veulent ni assistanat ni plan de carrière ? Ce président est honni par une meute de vociférateurs, souvent des socialistes. Si le socialisme occidental est généreux, il est épouvantablement borné. Il s’obstine à ignorer que tous les pauvres ne sont pas obligatoirement des victimes du capitalisme. Certaines personnes font le choix de la pauvreté volontaire pour vivre autre chose que le bonheur consumériste pour tous. La sacralisation du salariat et le dogme de l’amélioration des conditions de vie laissent indifférents un grand nombre de marginaux (artistes, voyageurs, contemplatifs…).

Depuis le début de l’année 2009, chacun peut créer son activité sans pour autant se lancer dans la course effrénée aux profits.

Les quatre clé de l’auto-entrepreneuriat (source : Le Nouvel Observateur) :

- Accessible à tous : salariés, chômeurs, étudiants, fonctionnaires, retraités, inactifs...


- Inscription simplifiée en ligne sur http://www.lautoentrepreneur.com/
ou à un centre de formalité des entreprises. Plus d'immatriculation au registre du commerce ou des métiers.

- Cotisations sociales allégées et payées mensuellement ou trimestriellement, uniquement après rentrée d argent, et en fonction du chiffre d'affaires réalisé (12% pour le commerce, 21,3% pour les services).


- Limitation du chiffre d'affaires à 80 000 euros pour le commerce, 32 000 euros pour les services.


Les auto-entrepreneurs ont-ils été trompés ?

Par Julie de la Brosse - publié le 24/11/2010

Ils pensaient ne pas à avoir à payer d'impôts, surtout ceux qui n'avaient pas d'activité... de nombreux auto-entrepreneurs déchantent, et se défoulent sur Internet. La polémique enfle.

"Le statut d'auto-entrepreneur est mort : payer 50% (de son CA) de taxe... ça calme". Sur le forum auto-entrepreneurs.fr, Niwan fait partie de ces nombreux auto-entrepreneurs écoeurés et déçus par leur nouveau statut. Au début du mois de novembre, ils ont reçu par courrier les premiers avis d'imposition pour la Cotisation Foncière des Entreprises pour l'année 2010. Un choc. A cause de cette nouvelle taxe, "j'ai travaillé pour rien en 2009", témoigne Vava, autre membre du forum.

Vava et Niwan, qui n'ont pas opté pour le prélèvement fical libératoire de l'impôt sur le revenu, sont soumis depuis le 1er janvier 2009 à la cotisation économique territoriale (CET). Cette taxe, censée remplacer la taxe professionnelle, est composée de la cotisation foncière des entreprises (CFE) et de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Pour ces auto-entrepreneurs, qui pensaient pouvoir bénéficier d'une fiscalité avantageuse pendant les 3 premières années de leur activité, c'est la douche froide. Certes, ils sont exonérés de fait du paiement de la CVAE, uniquement payée par les entreprises qui enregistrent un chiffre d'affaires supérieur à 152 500 €, soit un plafond situé bien au-delà de ceux fixés par le régime. Mais ils sont redevables de la CFE dont le montant moyen semble être de 600 à 700 euros (moyenne élaborée à partir des commentaires de internautes). A Saint Chamas, Jipé a reçu un avis d'imposition de 1053 euros de CET pour un chiffre d'affaires de seulement 5500 euros... Lorsqu'on sait que 40% seulement des auto-entrepreneurs ont réalisé un chiffre d'affaires en 2009, d'une moyenne de 6300 euros, la nouvelle a de quoi susciter quelques mécontentements.

Une communication désastreuse

"Il n'y a pas de quoi être surpris. La transformation de la TP en CET n'a rien changé", plaide pourtant François Hurel, l'homme qui a porté le projet en 2008 avec Hervé Novelli, alors secrétaire d'Etat aux PME. En fait, Vava et Niwan, comme beaucoup d'autres, n'ont pas pensé à s'inscrire au régime des prélèvements libératoires. Ce dernier, qui est ouvert aux personnes gagnant moins de 25.000 euros par an, permettait dès 2008 de ne pas payer la taxe professionnelle pendant deux ans. "Avec la CET c'est exactement le même système. Les personnes inscrites au régime des versements libératoires ne payent pas de taxe pendant les 3 premières années de leur activité", ajoute François Hurel, selon qui 80% des auto-entrepreneurs ont adopté ce statut.

Pour les 20% restants, faut-il mettre en cause la communication désastreuse du gouvernement ? "Ces gens n'ont probablement pas été suffisamment informés de la nécessité d'adopter ce régime", estime Alain Bosetti, président de Planète micro-entreprises. De quoi aboutir parfois à des situations invraisemblables. Comme celle de cette jeune femme qui témoigne sur le forum l'auto-entrepreneur.net." Je suis étudiante, je vis chez mes parents, je n'ai finalement jamais utilisé mon statut d'auto-entrepreneur et je me retrouve avec cette somme à payer.... déçue et scandalisée de cette grosse arnaque !!"écrit-elle amère.

Pourtant au moment de la mise en place du dispositif, le message ne contenait aucune ambiguïté. "Zéro chiffre d'affaires = zéro taxe ", martelait alors le gouvernement. Faux. "L'auto-entrepreneur a été vendu à tort comme un régime fiscalement neutre pour les gens qui ne réalisaient pas de chiffre d'affaires. C'est une erreur. Imaginons un salarié qui gagne plus de 25.000 euros par an. Il ne peut pas s'inscrire aux prélèvements libératoires et va donc payer une taxe même dans le cas où son auto-entreprise ne fait pas de chiffre d'affaires", explique Alain Bosetti. Par ailleurs, au bout de trois ans d'activité, tous les auto-entrepreneurs sont soumis à la CET, peu importe qu'ils réalisent ou non un chiffre d'affaires.

"S'il faut changer une chose à ce dispositif, c'est bien cela", admet François Hurel. Récemment, la Fédération des auto-entrepreneurs, présidée par Grégoire Leclercq, a d'ailleurs adressé une lettre au nouveau Secrétaire d'Etat aux PME, Frédéric Lefebvre dans laquelle elle réclamait un "bouclier fiscal pour les auto-entreprises", à savoir "la suppression de la CFE pour les auto-entrepreneurs n'ayant réalisé aucun chiffre d'affaires" et "le plafonnement de la CFE pour les auto-entreprises ayant réalisé un chiffre d'affaires".

Un plafonnement qui ne sera pas non plus inutile. Car le statut d'auto-entrepreneur souffre aujourd'hui d'un autre dysfonctionnement : une inégalité de traitement évidente. La CFE est en effet fixée arbitrairement par les communes qui peuvent faire évoluer l'assiette d'imposition de 200 à 2000 euros. Alors que certaines communes ont fait le choix d'exonérer pendant quelques mois de la CET les assujettis n'exerçant qu'une activité à temps partiel, d'autres n'ont pas hésité à lever considérablement le montant de cette taxe foncière. Jusqu'à parfois dépasser le montant de l'ancienne taxe professionnelle. "Cette nouvelle taxe est plus importante de 400 euros que l'ancienne", raconte ainsi Vava qui ne voit aujourd'hui pas d'autre solution que de cesser son activité...

Source :

Friday, June 22, 2007

La seconde mort d'Ajahn Chah

Un autre regard sur la Thaïlande

Une vidéo et un site consacré à la sorcellerie du bouddha ont détruit mes illusions sur la Thaïlande. J’espérais quitter un jour l’Europe et son matérialisme pour m’installer dans un monastère thaïlandais. C’était avant de découvrir la pratique magique des Khuman thong. J’avais lu, il y a deux ans un petit article dans " Bouddhisme Actualités " au sujet d'un moine arrêté par la police thaïlandaise après avoir grillé un fœtus. J’étais persuadé que ce moine était un psychopathe, j'ignorais l'existence de la sorcellerie du bouddha.

Les représentations en bois des Khuman thong sont omniprésentes en Thaïlande (temples, commerces, particuliers…) Je ne voyais que des éléments folkloriques dans le fatras des autels : un mélange insolite de représentations de rois, d’animaux, de bouddhas, d’enfants (les fameux Khuman Thong). Je sais maintenant que des bouteilles d’huile sacrée peuvent contenir de la graisse de nouveaux nés grillés. Je vois autrement les Thaïlandais en découvrant leur intérêt pour la magie noire, cette magie qui ne recule pas devant le crime.
La passion des Thaïlandais pour les amulettes ressemblait aux passions de tous les collectionneurs. Beaucoup d’amulettes sont cotées et les Thaïlandais ne me semblaient pas très différents des philatélistes Français. Aujourd’hui, les motivations des acheteurs d’amulettes me semblent bien viles.

Les vénérables Ajahn Chah et Buddhadasa Bhikkhu sont morts, avec leur disparition tout un pan moral du Théravada s’est volatilisé.
La communauté bouddhiste francophone demeure silencieuse face à la dégénérescence religieuse, elle a choisi d'ignorer les pratiques magiques des moines et la commercialisation de la sorcellerie du bouddha. Des sorciers, des marouts cadavériques, portent la robe des disciples du Bouddha et fabriquent des gris-gris. Leurs acolytes, yogis tantriques occidentaux, se chargent de la vente sur eBay.

Quant aux autres moines, ils ne sont guère inspirés par l’enseignement du Bouddha comme le révéla un événement politico-religieux :

En 2002, les moines Thaïlandais exigèrent la création d’un ministère du bouddhisme.
Venus des soixante-seize provinces de Thaïlande, des milliers de moines manifestèrent devant le siège du parlement à Bangkok pour réclamer la restructuration du département religieux qui est de la compétence du ministère de l’éducation.
Le gouvernement refusa de nommer un ministère ayant la charge exclusive des questions bouddhistes au motif que cela serait perçu comme une discrimination à l'égard des autres religions, notamment la minorité musulmane thaïlandaise. Phra Sri Pariyattimoli, abbé du Wat Mahatat de Bangkok et responsable du mouvement, voua les hommes politiques rétifs à des châtiments occultes. En Thaïlande, les moines jouent un rôle social et politique important, ils n'hésitent pas à menacer les politiciens peu coopératifs de redoutables maléfices.

Récemment, un religieux Thaïlandais a troqué ses figurines d’envoûtement contre une Kalachnikov pour se faire entendre d’un ministre probablement récalcitrant à la sorcellerie du bouddha.




Kalachnikov dharma en Thaïlande



Sunday, May 27, 2007

AJAHN CHAH

« Notre vraie demeure » et « Pourquoi sommes-nous ici ? » d’Ajahn Chah

La traductrice, Mariette Lattion, écrit :
« Ce qui m'a frappée dans ces deux exposés d'Ajahn Chah, c'est le sens de l'urgence. Urgence de réaliser qu'il n'y a rien dans le monde sur quoi l'on puisse durablement s'appuyer. Que ce soit notre corps qui est perpétuellement soumis au changement de la naissance jusqu'à la mort, que ce soient les êtres auxquels on tient, nos connaissances, nos possessions, notre situation sociale, nos idéaux. Tout cela est soumis à la loi du changement et en fin de compte on ne peut que l'accepter sinon on crée de l'insatisfaction et de la souffrance pour nous-mêmes.
Pourtant à cela il y a une solution: trouver refuge dans la stabilité et la paix de notre coeur, là où demeure en nous le Bouddha, Celui qui sait, cette magnifique possibilité pour chacun de nous de réaliser à chaque instant la Vérité de manière pratique dans la vie de tous les jours. C'est cela que nous rappelle ici Ajahn Chah. N'attendez pas d'être vieux pour réaliser cela. Libre à nous de nous mettre en chemin. »

LIRE LES TEXTES


Wednesday, March 14, 2007

Les SDF du DHARMA


Les ermites nomades de Thaïlande.
Les moines bouddhistes " dhutanga ", appelés " tudong " en Thaïlande, se consacrent à la vie errante comme à l’époque de Bouddha. Ils voyagent à pied à la recherche d’endroits propices à la méditation. Ils résident en plein air (abbhokasikanga), de préférence dans les forêts (arannikanga) et au pied d’un arbre (rukkamulikanga). Leur code de vie ne présente pas de caractère obligatoire. L’objectif est la simplification des besoins, il ne s’agit pas de pratiquer des mortifications.
De nos jours, il n’est pas rare de rencontrer des moines dhutanga en Thaïlande, le mot thaï " tudong " qui les désigne signifie " errer ", " partir " en pérégrination. Les tudong sont les derniers représentants de l’antique sagesse des philosophes errants de la trempe du Bouddha Siddhârta Gautama. Ils ne se soucient pas de fonder des institutions bouddhiques prospères et des centres de loisirs méditatifs où tout est tarifé.
Le moine Thaïlandais Ajahn Chah était un authentique tudong. Sa vie exemplaire et sa réalisation spirituelle ont suscité de nombreuses vocations de moines dans la Tradition de la Forêt des Anciens, des Théra. Les disciples occidentaux de Ajahn Chah ont créé plusieurs monastères en Europe. En 2000, j’ai eu la possibilité de séjourné quelques jours au monastère Dhammapala de Kandersteg en Suisse. Il n’y a pas de gourou et d’enseignement payant, tous les religieux respectent le conseil du Bouddha :
" Ne vous contentez ni des rumeurs, ni de la tradition, ni de coutumes immémoriales, ni de l’autorité de textes sacrés, ni d’une supposition, ni d’une déduction logique, ni d’une preuve sûre, ni d’une inclination naturelle pour telle ou telle idée après y avoir réfléchi, ni des compétences d’autrui, ni de la pensée " le moine est notre maître ". Quand vous savez en vous-mêmes que " ces choses sont saines, irréprochables, conseillées par celui qui est sage, et qu’une fois adoptées et mises en pratique, elles procurent bien-être et bonheur ", alors vous devriez les pratiquer et vous y tenir… "(Kalama sutta)
Malheureusement, les moines, qui perpétuent en Occident la vieille misogynie bouddhique, sont attachés à des préjugés anachroniques démontrant ainsi que l’éveil libérateur tarde à se manifester malgré leurs méditations et les sages conseils du Kalama sutta.
Le père fondateur de leur ordre n’avait pas hésité à rejeter le système des castes, la croyance en l’Atma, le ritualisme des brahmanes… Pouvait-il aussi promulguer l’égalité des sexes dans une Inde qui abrogea récemment le sacrifice par le feu (satî) des veuves, par exemple ? De nos jours, les femmes réussissent dans tous les domaines de la société, la misogynie du clergé bouddhique est une offense à l’intelligence, c’est un reliquat de la barbarie patriarcale.
F.Félix

Tuesday, August 22, 2006

L'ermitage des hauts cantons languedociens

Michel Jourdan, l'auteur du livre "La vie d'ermite", préfère la pénombre des forêts.
En 1998, il s'était donné beaucoup de mal pour m'aider à trouver ce mazet isolé avec eau et heureusement sans électricité. L'ensoleillement exceptionnel du site permettait d'envisager l'auto-suffisance énergétique grâce aux panneaux solaires.
"Il existe une fraternité, une confrérie oecuménique d'ermites, sans qu'ils le veuillent d'ailleurs. La preuve en est des affinités entre les poèmes de l'ermite chinois Han-Shan (7ème siècle) et les poèmes de l'ermite irlandais Suibne du 7ème siècle lui aussi, décrivant la même vie que Han-Shan, la vie érémitique et sa sauvagerie, commune aux deux ermites, et la même en Chine ou en Irlande !"
(Michel Jourdan "La vie d'ermite" Albin Michel.)

Monday, August 21, 2006

Le néo érémitisme sans dogme ni gourou

Réduire ses besoin permet de vivre librement.
Au début des années 1970, Ivan ILLICH, dénonçait la servitude née du mode industriel de production, le gigantisme des outils, le culte de la croissance indéfinie.
Les sectes et les gourous ne conseillent pas à leur clientèle l'érémitisme sauvage pratiqué depuis toujours par les contemplatifs et les philosophes. De 1845 à 1847, Henri Thoreau s'était établi dans une cabane près de Walden.

Friday, August 18, 2006

L'ermitage hivernal

Les moines irlandais étaient célèbres pour leur ascèse : jeûnes, veilles, immersions dans l’eau glacée.
Au Japon, le TAKIGYO est une ascèse peu pratiquée par les frileux. Des bouddhistes et des adeptes du Shinto montent des sentiers enneigés jusqu’aux cascades et se placent sous l’eau glacée.
L’embrasement dévotionnel des mystiques serait aussi efficace que le fameux TOUMO de MILAREPA, le yoga du feu. Les extases de la carmélite Marie-Madeleine de PAZZI s’accompagnaient de phénomènes inexpliqués comme " l’incendie d’amour ", dont le rayonnement était ressenti par son entourage. Au 17ème siècle, Maria VILLANI était une âme enflammée, selon son biographe Francis MARCHESE, elle devait boire plus de quinze litres d’eau glacée pour apaiser le feu divin qui la consumait. Dans la Bible, le prophète Jérémie parle d’un feu dévorant allumé dans ses os. Angèle de FOLIGNO avait chaud au point d’ignorer la pudibonderie chrétienne. Elle écrit dans le " Livre des visions " : " Il me fut donné un tel feu que, debout près de la croix, je me dépouillais de tous mes vêtements. "
D’autres mystiques chrétiens n’avaient pas besoin de tricoter pour éviter la morsure du froid : Philippe de NERI, Catherine de GENES, Stanislas KOSTKA, Stéfana QUINZANI, Véronique GIULIANI, Sérafina di DIO, Paul de la CROIX, Gemma GALGANI…

Thursday, August 17, 2006

Le yogi, l'hypothalamus et la graisse de baleine

Les habitants des terres glaciales redoutaient la déperdition de chaleur. Pour la diminuer, certains peuples s’enduisaient le corps d’huile, de graisse, de beurre ou conservaient leur crasse. Les Tartares de Mongolie se lavaient si rarement que les chinois les appelaient les " TSA-T’A-DZE ", les " tartares puants ". A l’extrême Sud de l’Argentine, n’ayant pour toute chaleur que son joli nom, la Terre de Feu est une région humide et froide. Les indiens, ALAKALOUFS et YAHGANS, particulièrement aguerris aux intempéries, y vivaient nus, le corps enduit de graisse de baleine.
Notre thermostat cérébral, " L’hypothalamus, dit MARCHETTI, peut choisir de diminuer la consommation d’énergie par une baisse momentanée de la température corporelle. C’est le moyen adopté par l’organisme des BUSHMEN du désert du KALAHARI et des indiens péruviens qui vivent à 4500 m. La température interne des aborigènes du nord de l’Australie est normale, mais une vasoconstriction des vaisseaux cutanés réduit les échanges thermiques avec l’extérieur et limite la déperdition.
L’organisme d’autres ethnies, comme les lapons et les femmes plongeuses japonaises ou coréennes, lutte contre le froid en utilisant les deux moyens : baisse de la chaleur interne et de la circulation sanguine à la périphérie.
L’adaptation métabolique des ESQUIMAUX et des indiens de la Terre de Feu leur permet de surélever la température de leur peau par vasodilatation des vaisseaux."
Ainsi prévenu, le yogi anachorète, supportera mieux l'hiver grâce à un hypothalamus en bonne état de marche. En cas de panne, le beurre remplacera la graisse de baleine (l'espèce est en voie de disparition).
Pour ma part, je me contente d'un bon poêle et de vêtements chauds.

Tuesday, August 15, 2006

Ermites russes

ERMITES AU CŒUR DE LA TAÏGA


Dans l’immense forêt sibérienne, là où les monts de l’Altaï rejoignent ceux du Saïan, vivait une famille de vieux-croyants qui avait fuit le monde depuis plus de quarante ans.

Les vieux-croyants, les " raskoloniki " s’opposèrent aux réformes religieuses de NIKON le patriarche de Moscou. Ils tenaient à conserver dans son intégrité " l’ancienne foi ", de là le nom de vieux-croyants ou de vieux-ritualistes. Cette crise fit émerger des profondeurs populaires, une mystique libertaire parmi de nombreuses sectes, notamment :

Les " bezpopovtzy ", littéralement : " sans prêtres ", déclaraient l’inutilité du clergé.

Les " nietoutzy " niaient la valeur des sacrements et des rituels.

Les " stranniki ", " pèlerins " refusaient la vie sédentaire. Ils menaient une existence errante, en pèlerins perpétuels.

Les " biégouny " , les " fuyards " prônaient la fuite. Ils rejetaient l’autorité du tsar Pierre-le-Grand, " l’incarnation de l’Antéchrist ", selon eux. Ils abhorraient toutes les lois impériales et cléricales, les papiers d’identité, l’argent, les jeux… Ils décrétaient : " L’amitié avec le siècle est une hostilité contre Dieu. Il faut fuir et se cacher ! "


Fuir et se cacher

" Fuir et se cacher " était la devise de cet érémitisme radical qui durant plus de trois siècles avait poussé les vieux-croyants dans les régions les plus sauvages de l’empire russe. Après une longue errance, un groupe de cette secte s’installa sur l’Abakan, dans une région impénétrable du Saïan. Durant les années 1930, une famille, les LYKOV, rompit avec la communauté pour vivre en anachorète au cœur de la taïga.

Les LYKOV étaient redevenus " les enfants libres de la nature ", si chers à Edward CARPENTER. Cet ancien élève de Cambridge, issu d’une famille aisée, détestait règles et prônait la simplicité de vie. Sa tentative de retour à la nature, après avoir acheté une ferme, se solda par un échec. Il n’avait pas la formidable vitalité des ermites de la taïga.

LA CUEILLETTE SIBERIENNE

Les ermites trouvaient une grande partie de leur nourriture dans la Taïga. " Sans ses fruits, écrit Vassili PESKOV, l’homme ne pourrait pas y vivre longtemps dans l’isolement total. Dès avril les bouleaux donnaient leur sève. On la recueillait dans des seaux d’écorce. S’ils n’avaient pas manqué de vaisselle, les LYKOV en auraient sûrement fabriqué du sirop, par réchauffement. Mais allez poser un seau d’écorce sur le feu… On plaçait le seau dans le torrent, réfrigérateur naturel où la sève se gardait longtemps.

" Après la sève de bouleau, on allait cueillir l’oignon sauvage et l’ortie. De l’ortie on faisait une soupe et l’on séchait des bottes pour l’hiver, utiles à la " robustesse du corps ". L’été venu, on ramassait les champignons (que l’on mangeait cuits au four et bouillis à l’eau), la framboise, la myrtille, l’airelle rouge, le cassis. (…)

" Fin août arrivait le temps des récoltes, reléguant à l’arrière-plan tous les autres soucis. On allait à la cueillette des pommes de cèdre dont les graines faisaient office de " pommes de terre de la taïga ". Les cônes de cèdre les plus bas étaient décrochés à l’aide d’une longue perche de sapin. Mais il fallait toujours grimper à l’arbre pour secouer les plus hauts. Tous les LYKOV – les jeunes et les vieux, les hommes et les femmes – grimpaient aux cèdres avec aisance. Ils jetaient les pommes dans des cuves creusées, puis les décortiquaient sur des râpes en bois. Ensuite les graines séchaient à l’air. Une fois propres et sélectionnées, elles se conservaient dans les récipients d’écorce, à l’intérieur de l’isba et des garde-manger, protégées contre l’humidité, les ours et les rongeurs. " 

Vasili PESKOV, Ermites dans la Taïga.


" Dans ma longue vie de grand reporter, dit Vassili Peskov - qui a travaillé depuis plus d'un demi-siècle pour le même quotidien moscovite, la Komsomolskaya Pravda -, j'ai pu côtoyer de près des célébrités hors pair qui m'ont beaucoup impressionné. Je pense entre autres au maréchal Joukov, au cosmonaute Youri Gagarine, au savant voyageur Thor Heyerdahl... Mais la personnalité la plus intéressante que j'aie connue, la plus fascinante, la plus attachante aussi, reste à mes yeux celle d'Agafia Lykova. " Née en 1945 dans la forêt sibérienne, Agafia est la dernière survivante de la famille Lykov, retirée depuis 1928 dans la taïga pour une incroyable robinsonnade d'un demi-siècle, puis " découverte " en 1978 par un groupe de géologues. Vassili Peskov révéla l'aventure dans le livre "Ermites dans la taïga", qui s'achevait sur le désir d'Agafia de continuer à vivre solitaire et en autarcie. De nombreux lecteurs se sont interrogés sur le destin de cette femme courageuse qui avait choisi de ne pas revenir à la civilisation. 

Dans Des nouvelles d'Agafia de Vasili PESKOV, basé sur des voyages effectués de 1992 à 2008, on voit l'héroïne malgré elle évoluer au fil des ans. Tandis que l'amitié perdure avec Erofeï, de nouveaux candidats à la vie érémitique clans des conditions primitives et difficiles rejoignent Agafia, dont Sergeï artiste peintre, et l'étonnante Nadia, venue elle aussi se perdre au fin fond de la Sibérie.


La franc-maçonnerie, de Poncins, Guénon et Evola

Léon de Poncins, l'ennemi des sociétés secrètes mondialistes, était-il disciple de René Guénon et de Julius Evola ? « Desce...